01.11.2009

Girondins dans le SUDOUEST !

SOCIÉTÉ. A Saint-Michel à Bordeaux, deux anciens combattants marocains ont été délogés par In Cité. L'élu municipal socialiste Matthieu Rouveyre parle de « chasse aux pauvres »

Deux anciens combattants marocains mis à la porte de chez eux

Jilali Mezrane, 91 ans, et El Fatmi Gouir, 79 ans, devant leur logement de la rue Maubec. (PHOTO Laurent Theillet)
Jilali Mezrane, 91 ans, et El Fatmi Gouir, 79 ans, devant leur logement de la rue Maubec. (PHOTO Laurent Theillet)

Les démêlés entre In Cité et l'opposition socialiste à la mairie représentée par Matthieu Rouveyre (il raconte sur son blog) ont pris un nouvel élan hier. Deux anciens combattants marocains d'âge vénérable, Jilali Mezrane, 91 ans, et El Fatmi Gouir, 79 ans, se sont retrouvés en effet à la porte de leur logement situé 13 rue Maubec dans le quartier Saint-Michel. À la porte blindée, doit-on même préciser puisqu'après avoir été invités à quitter leur studio, sans avoir eu le temps ou l'esprit d'attraper une valise, les deux anciens combattants ont été conduits à un hôtel proche rue de la Fusterie par Christine Hengen, travailleuse sociale chez In cité.

Pourquoi déloger ces deux personnes âgées qui payaient régulièrement leur loyer depuis 12 ans pour l'une et 6 ans pour l'autre ? C'est à ce stade qu'intervient cette nouvelle polémique. In Cité fait état d'un appel des deux anciens combattants « parce qu'ils entendaient des bruits dans un appartement censé être vide ». Constatant qu'un squatteur vivait sur place, le bailleur a chargé la police de l'évacuer, ce qui a été fait jeudi. « Il n'a jamais été question d'expulser les anciens combattants marocains », insiste In Cité.

Immeuble à réhabiliter

L'élu municipal socialiste Matthieu Rouveyre et la conseillère régionale Naïma Charaï se sont aussitôt emparés de l'affaire pour la transformer en cas concret de « chasse aux pauvres » par la société mixte bordelaise de logement, attitude qu'ils ont souvent dénoncée : « MM. Mezrane et Gouir n'ont jamais fait état de leur inquiétude et la preuve, c'est qu'ils ne souhaitent qu'une chose : retourner à leur appartement, ne serait-ce que pour ne pas perdre toute la nourriture qu'ils y ont laissée. En aucun cas ils ne veulent demeurer longtemps à l'hôtel ou même être relogés ailleurs. »

Cette dernière perspective paraît toutefois hautement probable. L'immeuble de la rue Maubec est en effet destiné à être réhabilité prochainement et les deux anciens combattants marocains en étaient les deux derniers occupants. In Cité assure qu'ils seront relogés prochainement dans le quartier.

Un recours ?

Néanmoins, Matthieu Rouveyre et Naïma Charaï n'entendent pas baisser les bras. Le premier nommé cherchait hier soir une solution juridique pour opposer un recours aujourd'hui : « C'est quand même incroyable qu'on puisse prendre une telle décision, sans avis d'expulsion, sous prétexte de sécurité. Et comme par hasard avant le début de la période hivernale où l'on n'expulse plus. C'est une décision juridiquement et humainement inadmissible » ajoutait Matthieu Rouveyre.

Pour la mairie bordelaise, cette affaire fait un peu désordre, alors qu'Alain Juppé a déjeuné il y a un an avec des anciens combattants marocains en leur promettant de trouver des solutions pour mieux les accueillir et les accompagner pendant leur séjour à Bordeaux. À cette occasion, il a même posé avec plusieurs d'entre eux, dont... M. Gouir, ancien d'Indochine comme M. Mezrane.

Pour mémoire, ces personnes bénéficient du minimum vieillesse au titre de leurs faits d'armes passés. Mais elles ne peuvent en bénéficier qu'en résidant en France.

 

Samedi 31 Octobre 2009

http://naima-charai.blogspot.com/2009/10/qui-servi-la-fra...


SAINT-JEAN. Une famille à la rue après avoir été expulsée d'une cabane

Des Roms avec leurs meubles sur le quai

Crenguta Pascanu et son grand-père. (PHOTO H. M)

Crenguta Pascanu et son grand-père. (PHOTO H. M)

Spectacle étrange que celui qui s'offrait au regard des promeneurs hier soir près du Parc des sports. Au pied du fronton, avaient été entassés des meubles, un réfrigérateur, des objets divers dans un ensemble hétéroclite.

Crenguta Pascanu, une Roumaine rom, et son grand-père Vasile Lacatus, attendaient le retour du chef de famille Trauler Pascanu et des deux fils mis en garde à vue dans la matinée à la suite de leur expulsion d'une cabane au pied du pont Saint-Jean tout proche. Au téléphone, Jérôme Lobao, animateur de l'association Procom, qui s'occupe des embarras de cette communauté à Bordeaux, tentait de trouver une solution d'hébergement provisoire avec l'aide de la maire adjointe de la Bastide, Muriel Parcelier.

Convoqués au commissariat

D'un français hésitant, Crenguta Pascanu explique que sa famille vivait dans un squat de ce qu'il est convenu d'appeler « la cité des fleurs », sur un terrain appartenant à la SNCF. Or, celle-ci a procédé à des démolitions la semaine dernière. Les expulsés ont trouvé un moment refuge à l'hôtel avant de se retrouver à nouveau à la rue et de s'installer dans une cabane. C'est cette initiative qui a provoqué l'intervention de la police et l'interpellation de ces Roms dont le père est maçon mais sans emploi.

Hier soir, Jérôme Lobao envisageait de loger à l'hôtel cette famille pendant deux nouvelles nuits. Mais elle sera convoquée mardi au commissariat et sera probablement expulsée par la suite. Avant de revenir, qui sait, dans quelques mois, comme cela se produit souvent dans des cas semblables.

« Une fois de plus, les actes sont en contradiction avec les discours », note Jérôme Lobao. Quant aux Roms, leur préoccupation principale était que certains de leurs objets avaient été perdus dans ce « déménagement » entre une cabane et une aire de jeux.

http://www.mouette-rieuse.info/article-des-jours-et-des-e...

 

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