26.10.2008

Dan est mort ...

Tous les matins, Dan attendait que j'ouvre le portail du cinéma, pour venir se réfugier du froid dans le hall, utiliser les toilettes pour se laver, nourrir son chien Fifi et déposer son sac lourd derrière le portail avant les premières séances. Ma collègue vient de m'apprendre qu'il est mort à l'hôpital, j'ai beaucoup de peine... Il me parlait de ses enfants devenus adultes et ayant un travail stable, il en était fier, il disait qu'il avait choisi sa vie. Il ne voulait pas les déranger, et il est mort seul. Il dormait la nuit dans un foyer qu'il devait quitter tôt le matin venu - quelle idée, les foyers hébergement ouverts seulement la nuit, la journée beaucoup d'hommes et de femmes n'ont que l'errance –. La journée, Dan la passait devant le cinéma à boire et à demander 20 centimes pour manger. Ses poumons ont lâché, il n'avait que cinquante ans. Son visage me hantera chaque fois que j'ouvrirais le portail.

 

12.10.2008

Dune de ton ombre ...

  Dora Maar .Assia 2004                                                                                                                                                                                       

                                                                                                                                                                                           

 Je vais me creuser dans les dunes mon amour et quand tu passeras par là,   tu viendras te mouler en moi .Pour l'heure je coule, roucoule,  me soûle,  au gré de la houle . Je guette dans chaque ondée ton reflet ,  dans chaque grain de sable, le refrain de ta fable,  tes pas. Tu m'as envoyé le soleil mon amour,  mais il ne sait pas s'y prendre comme toi avec mes contours. J'ai pris goût à jouer des érosions tu sais,  le vent m'annonçait tes souffles lointains, le blason de sable comme une de tes caresses m'étreint . Il est dur le désert c'est vrai, mais on va se fondre mon aimé,  tous deux en un  clair-obscur, la lumière aux alentours  mais pas entre toi et moi .Va, continue  chéri, ton voyage sur terre,  c'est ici que je m'enterre,  dune de ton ombre, soleil par jour sombre. Je t'aime.

                                      Yoshiyuki Iwase.Seins.

05.10.2008

L'autre jour...

 Tôt le matin ,l'autre jour , branchée sur France culture ,je rangeais prospectus et pétitions dans le hall du cinéma (d'ailleurs à ce propos , on s'écroule sous les annonces , à cause peut-être de l'insuffisance de l'état en matière de rayonnement culturel , les artistes et même écrivains ont recours à ce moyen pour se faire connaître , mais l'étagère des pétitions se fait légère  (peur ?censure?lassitude ?...).Donc , ainsi occupée , j'écoutais d'abord les infos et l'analyse politique de la crise financière , cela m'a fait pensé à la bêtise que j'ai peut-être faite , mon fils a son argent à la caisse des dépôts et consignations ,(  pour rat d'opéra et petit rôle dans un film qui sortira 2009).

Il y a deux ans , cette caisse  m'a demandé si je ne voulais pas mettre la somme dont il dispose en bourse ? cela nous a fait rire , on fait partie plutôt des travailleurs pauvres que toute autre chose ! alors on s'est dit soyons fous pourquoi pas ?! ben là , ça ne me fait plus rigoler j'espère que ce crash ne passera par nous et que je n'aurais pas risqué les économies de mon fils !

Puis il y a eu une émission sur Jean-Alexandre-LEBLOND  ,

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Baptiste_Alexandre_Le_B...

avec  Olga Medvedka l'historienne ,Benoît Chantre l'éditeur ,Yves Chalas le Sociologue.C'était un régal au même temps il y avaient des jeunes lycéens qui passaient par groupe de quatre pour savoir l'origine du cinéma alors il fallait répéter maintes fois que c'était tout d'abord une église ,puis fabrique de boites de sardines (d'ailleurs il y a la charpente d'origine qui fait office aussi de nef de bateau d'après les anciens propriétaires) puis un garage puis enfin un Cinéma .

Enfin montée dans la salle de montage , toujours branchée avec ce petit machin ,mp3  ,je rouspétais avant auprès des enfants mais finalement c'est une bonne chose quand on sait s'en servir surtout  à supporter les corvées .Fatiguée , je me voit portée par un plaisir immense à écouter parler le philosophe architecte Pierre Sansot 

 ,http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Sansot 

Je me disais d'un air chauvin , Pierre Sansot serait content de venir nous voir à l'association où on parlait d'habitat ,( on est entrain de préparer un prochain livre "J'habite ici) http://arpel.aquitaine.fr/spip.php?page=livre&isbn=97... au lieu d'aller au colloque qui se tiendra le 9 et 10 octobre organisé par Arc en Rêve intitulé Architecture et développement durable http://www.arcenreve.com ! 

Pierre Sansot dira en parlant de développement durable que c'est comme  cette aberration qu'est l'espace vert pour l'architecture moderne .

J'étais dans mon bourdonnement joyeux quand ma patronne passe , me fait la bise , me tapote sur l'épaule et me dit "t'es magnifique " ! Qu'est-ce qu'il lui prend , qu'est-ce qui  lui est passé par la tête , s'est-t-elle dit qu'il fallait mobiliser les troupes en période de crise? A-t-elle deviné sous ma frange et mon chignon le plaisir que j'avais à embrasser le savoir?!

Autant j'ai pu faire le lien entre mon vécu et ce que j'écoutais autant je ne comprenais pas ce "T'es magnifique " de ma patronne !!!

En tous les cas , ce jour du 1 er octobre  http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissio...

 m'a fait fait découvrir Pierre SANSOT et j'en suis ravie .Rien Qu'à voir les titres de ses livres ,j'aime beaucoup !

Les gens de peu .

La beauté m'insupporte .

Papiers rêves ,papiers enfuis .

Et bien d'autres...

 http://www.alapage.com/-/MultiRecherche/?id=5817121437734...

 PS:Cette note est dédiée à Goumarine pour ses conseils en lui souhaitant bon anniversaire de blog. http://coumarine.canalblog.com/

02.10.2008

Voulez-vous danser avec moi ce soir !

01.10.2008

Suivre le soleil ...

37.jpgJ'étais à ma fenêtreje secouai mon mal-être quand le soleil est venu me caresser les yeux .J'ai posé mon torchon ,avancé vers le balcon et me suis mise à danser au rythme de ses rayons ,valser entre le chaud ,le froid et le clément .J'étais toute frissons baignée de sa lumière ,je lui racontais mes rêves et corvées journalières . Avec la  passion joyeuse qui me saisissait  ,j'ai rejeté ma tête en arrière mais  le vent s'est mis à souffler ,le torchon s'est envolé et sur ma figure ,il est venu se poser .Ma mélancolie n'était pas loin.

 Morne , profonde et plaintive  ,elle gémissait telle la mélodie de Weber .C'est l'hiver.

                                                                                                                                                                                                   

"Femme à la fenêtre",1921                                                                                                                                               

Virgilio Guidi (1891-1984)

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